You'll never see the tears of time…

Kick-Heart, le dernier court-mêtrage de Masaaki Yuasa

Kick-HeartLundi dernier avait lieu au Grand Rex à Paris la projection de Kick-Heart, le premier court-métrage d’animation japonais entièrement financé via Kickstarter et réalisé pour l’occasion par Masaaki Yuasa, réalisateur de génie à qui l’on doit des séries comme Kaiba en 2008 ou The Tatami Galaxy (éditée chez Kazé) mais qui a aussi travaillé plus récemment sur quelques épisodes de Photo Kano (hum…). Pour la petite histoire, Kick-Heart avait  déjà bénéficié d’une projection dans le cadre du Festival d’Annecy quelques jours plus tôt et pour cette projection au Grand Rex, les organisateurs ont eu la bonne idée de faire venir Masaaki Yuasa ainsi quelques membres du staff ayant participé au projet, dont Aymeric Kevin et Eunyong Choi.

Que dire sur le court-métrage en lui-même ? En fait, pas grand chose, si ce n’est qu’il est vraiment assez amusant à regarder et on ne sent pas passer le temps pendant ces 10 minutes de court-métrage. On pensera notamment la conclusion du combat final. C’est bien animé, bourré d’humour avec des combats très dynamiques et haut en couleurs. On notera aussi la présence de quelques références bien sympa à Tiger Mask, notamment avec la présence d’un orphelinat. D’ailleurs, Yuasa lui-même a reconnu durant cette soirée que Kick-Heart était une sorte d’hommage à Tiger Mask.

IMG_1565

Après la fin de la projection, nous avons eu droit à une séance de questions/réponses avec l’équipe du film mais aussi à un making-of du film qui nous a fait poser certaines questions sur l’usage des fonds récoltés sur Kickstarter, surtout lorsqu’on voyait Masaaki Yuasa et une partie de son staff à la plage (à ne pas prendre au sérieux, bien entendu). Certaines questions portaient sur les influences derrière Kick-Heart, le processus de production et finalement le rôle joué par Kickstarter pendant le processus de création. J’ai essayé de retranscrire la chose du mieux que je pouvais mais en étant assez loin des intervenants, ce n’est pas forcément évident.

Est ce que Kick-Heart est un hommage à Kazuo Komatsubara et à la série Tiger Mask ?

Bien sûr, je regardais la série Tiger Mask quand j’étais jeune. Y a t-il des gens dans la salle qui connaissent la série Tiger Mask ?

Est ce que vous pensez que Kickstarter peut représenter un modèle de production viable pour le type de production que vous réalisez ?

Oui, bien sûr. C’est un très bon système. J’avais perdu un peu confiance dans cette industrie mais grâce à ce système, des œuvres  plus atypiques peuvent voir le jour.

Bonjour, M. Yuasa. Comment en êtes-vous venu à travailler avec Mamoru Oshii et quel a été son rôle dans Kick-Heart ?

En général, Production I.G produit des séries plus généralistes mais ils peuvent être intéressé de temps en temps par des séries plus artistiques. Le producteur M. Ishikawa et M. Oshii s’intéressent de temps en temps à des séries plus artistiques.

J’ai une question au sujet de l’impact du système Kickstarter. Est ce que pendant la création de Kick-Heart, la campagne de financement sur Kickstarter avait joué sur le processus de production ou bien vous avez fait comme si de rien n’était ?

Personnellement, je ne pense pas que car lorsque l’on a démarré la campagne sur Kickstarter, le storyboard était déjà terminé. M. Yuasa était prêt au niveau de l’histoire et on était paré pour commencer la production. Il y a eu comme une sorte de « vitalité. Pendant la production, on a eu des retours tous les jours, toutes les heures par rapport au travail qui était fourni et ça nous a beaucoup poussé à faire notre travail de la meilleure façon possible. Comme le temps était assez restreint, ça nous a donné une bonne dose de motivation. Kickstarter était une sorte de motivation. On se demandait au départ si ça allait marcher car on voyait ça comme un projet expérimental. Quand on a vu tout le soutien que l’on a reçu des fans du monde entier, ça nous a donné l’espoir de voir d’autres projets de ce type dans le futur. Kickstarter est un très bon moyen de financement mais ça nous met une grosse pression.

Au niveau de la technique, vous avez un rendu très particulier. Est ce que vous travaillez avec beaucoup de sous-traitants pour réalisez les animations et les intervalles ? Ou bien faites-vous tout vous-même ?

Je travaille avec un staff plutôt réduit. L’équipe créative était composée de quatre personnes. Après, il y a toute une équipe autour chez Production I.G. Tous les dessins étaient majoritairement faits à quatre.

Comment l’équipe s’est-elle formée ? Comment avez-vous choisi les membres de votre équipe et comment en êtes-vous arrivé à lancer ce projet sur Kickstarter ? 

C’est Justin Leach qui au départ, a voulu lancer un projet sur Kickstarter. C’est ce qui a servi de déclencheur chez Production I.G. A ce moment-là, j’avais un autre projet de série chez Production I.G. mais la série a été annulée. Et parmi les projets qu’on m’a proposé, j’ai choisi Kick-Heart.

BALISE SPOILER car Masaaki Yuasa résume dans sa réponse à cette question le scénario de Kick-Heart si le projet avait été conçu comme un projet pour la TV :

Tout à l’heure, vous disiez que tout était produit à l’avance même si le storyboard avait déjà été crée. Pourtant, il y a eu des extensions du film pendant la collecte de fond. Je voulais savoir comment vous vous êtes adaptés et comment vous vous seriez adaptés si jamais vous aviez eu à étendre encore plus le film.

A l’origine, Kick-Heart était un projet télévisuel. Le scénario aurait dû être bien plus développé.  Lady S est la fille d’un personnage mystérieux dont on voit uniquement la silhouette en noire dans le film et qui écrase son gros cigare à l’issue du match et qui en fait,  est le père de Lady S. Il lui fait porter un costume de lutteuse qui lui donne son pouvoir. C’est pour ça qu’elle est si forte. Et le prêtre – qu’on ne comprend pas, qui a un perroquet sur son épaule pour traduire était lui aussi un lutteur masqué. Lady S est admirative du prêtre et c’est pour ça qu’elle est devenu bonne sœur tout en étant aussi catcheuse. Le prêtre (qui, autrefois était lutteur masqué) et le père de Lady S se sont auparavant affrontés sur le ring en tant que catcheurs masqués. Ces deux hommes étaient rivaux sur le ring mais aussi sur le plan amoureux pour une femme : la bonne sœur qui est aujourd’hui très âgée. Ce dont on a pu donner forme dans le court-métrage reste assez elliptique par rapport à ça.

Kaiba sign by Masaaki Yuasa. Courtesy of Jet Black - Mata-web

Kaiba sign by Masaaki Yuasa. Courtesy of Jet Black – Mata-web

Une Réponse

  1. Pingback: Soirée KickHeart « jevanni's blog

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s