You'll never see the tears of time…

Critique : Fantasy Life sur Nintendo 3DS – Le RPG de l’insouciance

fantasyl ife logo

Autant le dire tout de suite : je n’ai jamais été un très grand fan des RPG made in Level-5. Que ce soit Dragon Quest VIII & IX qui m’ont vite ennuyé à cause de leurs problèmes de rythme bien lourdingues ou plus récemment les très lents Ni no Kuni sur DS et PS3 (et je persiste : beaucoup moins de personnes se seraient intéressés à ces 2 jeux s’il n’y avait pas le sceau Ghibli à côté, il n’y a qu’à voir le nombre de joueurs qui se sont accrochés au jeu à cause de la direction artistique), rien n’y fait : je n’arrive pas du tout à rentrer dans les RPG Level-5 à gros budget. Par contre, j’ai toujours eu plus de facilité à rentrer dans les productions Level-5 un peu moins connues comme le sympathique Time Travelers ou même un Girls RPG ( !), catégorie dans laquelle je rangerai Fantasy Life. Et cette fois, j’ai plutôt bien accroché au dernier RPG de Level-5.

A l’image des dernières productions Level-5, Fantasy Life est le fruit d’une collaboration entre Level-5 et le studio Brownie Brown, studio que l’on connait pour Magical Vacation & Starsign mais surtout pour avoir développé le mythique Mother 3 sur Gameboy Advance. Ajoutons à cela la participation de Nobuo Uematsu à la musique et Yoshitaka Amano au character design et on obtient sur le papier une équipe plutôt alléchante sur la papier. Pourtant, si on en croit les déclarations d’Akihiro Hino, PDG de Level-5, Fantasy Life ne devait pas être au départ cet espèce de mix entre un RPG traditionnel et un simulateur de vie type Dôbutsu no Mori mais plutôt un RPG plus traditionnel, beaucoup plus textuel où chaque job (« life » dans le jeu) aurait eu un scénario propre beaucoup plus étoffé. Sans compter que Fantasy Life était aussi conçu au départ comme un jeu en 2D lorsque le jeu était encore prévu sur Nintendo DS.  A l’arrivée, là où je pensais me retrouver face à une sorte de Dragon Quest x Animal Crossing, je me suis plutôt retrouvé face à un mix entre DQ x Animal Crossing x Harvest Moon x…. Girls RPG Cinderelife. Non, ce n’est pas une  blague.

Autant y aller franco : le scénario de Fantasy Life n’a rien de franchement ni d’original ni épique et ce n’est pas de ce côté-là qu’il faudra trouver l’intérêt principal du jeu, même s’il demande quand plus d’une vingtaine d’heures de jeu pour venir à bout de la quête principale. On dira tout simplement que celui-ci est prétexte à aller à la découverte du monde, combattre les forces du mal et en découvrir un peu plus sur l’identité de certains personnages (on ne mentionnera pas les papillons, pour ceux qui ont joué à Bravely Default). Par contre, il est plutôt intéressant de voir comment le jeu parvient à concilier la trame principale du jeu  et la « vie » que le joueur doit mener en parallèle. Et de ce côté-là, c’est plutôt réussi étant donné qu’il est tout à fait possible de finir le jeu sans faire de combats, voire même de continuer à mener sa vie sans même tenir compte de la quête principe. Enfin, presque vu qu’il y a tout de même quelques combats obligatoires à effectuer pour progresser dans la quête principale mais rien d’insurmontable.

fantasy life jobs

Au début du jeu, le joueur doit obligatoirement choisir son job (« life » dans le jeu) parmi une vingtaine de classes disponibles. Une fois le métier choisi, on va être accompagné dans un tutorial « à la Nintendo » pour apprendre les ficelles du métier choisi avant d’être lâché dans le monde de Fantasy Life. Si on trouve des classes assez répandues dans la plupart des RPG (type mercenaire, magicien, archer, etc…), on trouvera aussi des métiers un peu plus inhabituels comme pêcheur, couturier, cuistot, forgeron ou encore charpentier. Et c’est là que les choses deviennent plus intéressantes car tous ces jobs se jouent de façons très différentes. Si les métiers de mercenaires ou garde royal se résument principalement à aller casser du monstre à la manière d’un Seiken Densetsu (le tout en temps réel donc), les métiers un peu moins guerrier se joueront de manières différentes : le mineur n’aura juste qu’à aller récolter du minerai dans les gisements disséminés à droite et à gauche dans le monde de Fantasy Life. Autre exemple : le charpentier pourra, après avoir récupéré des planches et des notices fabriquer tout un tas de meubles dans son atelier selon un principe assez proche de Rental Bukiya, l’un des mini-jeux de Guild 01. Bien entendu, chaque métier dispose de sa propre courbe de progression, avec ses propres compétences à débloquer (ex : certains arbres ne pourront être coupés qu’à partir d’un certain niveau, possibilité de lancer une attaque à concentration avec un mercenaire, etc…) Bref, il me serait assez difficile d’être exhaustif étant le nombre de métiers disponible dans le jeu mais il y a de quoi faire. D’ailleurs, il est tout à fait possible de se battre même en ayant choisi un métier un peu moins « guerrier » (une couturière pourra très bien enrôler des chats pour se battre à sa place). Cela dit, il est plutôt conseillé de se spécialiser dans au moins 3-4 métiers (surtout les métiers de bûcheron et mineur, histoire de ne pas louper les différents types de minerais et de bois que l’on peut récolter au fur et à mesure que l’on progresse dans le jeu).

Fantasy Life Screenshot World

La première chose qui frappe lorsque l’on pénètre dans le monde de Fantasy Life, c’est son atmosphère bucolique, plein de couleurs vives où l’on a l’impression que RIEN ne peut arriver au joueur, malgré les « ennemis » présents dans le scénario principal. Sans déconner, ça faisait un bail que je n’avais pas vu autant de verdure dans un RPG. Pas de monstres hideux à combattre en vue, le bestiaire se résumant la plupart du temps à des… moutons, loups, insectes, arbres géants, etc… Un vrai zoo en quelque sorte. Certes, on trouvera bien un Dragon rouge que l’on croirait tout droit sorti de Blue Dragon dans la plaine de Patel, mais pas vraiment de quoi effrayer un enfant de 3 ans. Bref, une atmosphère très relaxante dans l’ensemble, le tout porté par les très bonnes musiques de Nobuo Uematsu. Ses compositions donnent vraiment envie de partir à l’aventure en chantant, dans la joie et la bonne humeur. Seriously. On retiendra notamment la plaine de Patel ou encore Hikari Pikkari (chanson présente dans l’album 10 Short Stories et qui sert dans le jeu de « fanfare » une fois qu’on a réussi une mission). A noter d’ailleurs que le jeu contient un bon paquet de chanson qui feront l’objet d’une sortie CD en mars prochain.

L’autre gros point fort du jeu est sa durée de vie gigantesque ! C’est simple : je ne compte plus le nombre de quêtes annexes disponibles dans le jeu et je doute d’en voir le bout un jour. D’ailleurs, le jeu compte deux types de missions : tout d’abord, celles qui consistent à aller aider les PNJ en échange d’items et de pièces sonnantes et trébuchantes. Ensuite, les quêtes annexes liées au job que l’on aura choisi. Ainsi, un mercenaire devra aller buter certains types de  mobs ou encore massacrer X d’une manière bien défini. Bref, il y a  de quoi  tenir un bon moment sur ce jeu. C’est d’ailleurs dans ces quêtes qu’on sent l’influence Girls RPG : après avoir fini une quête, on obtient aussi en récompense des cœurs qui serviront à débloquer des compétences supplémentaires (pouvoir acheter des items à moindre coût,  porter plus d’items, etc..). Un vrai RPG à quêtes, en somme. D’ailleurs, les cœurs et les papillons ont l’air de devenir un leitmotiv assez récurrent dans les dernières productions de Level-5. Remember les papillons du bonheur dans Girls RPG ou encore les essences de cœurs à collecter dans Ni no Kuni.

Certains lui reprocheront son manque de difficulté mais ce n’est pas vraiment le propos du jeu mais au moins, le jeu aura le mérite de s’adresser à tous les publics (surtout que la prise en main est vraiment simple dans l’ensemble) mais on lui reprochera surtout par rapport à un Tobidase : Doubutsu no Mori l’absence de mode online permettant aux joueurs possédant le jeu de pouvoir visiter les villes d’autres joueurs ou encore faire du coop’ en ligne, le multijoueur étant uniquement possible en local pour le moment. C’est d’autant plus dommage quand on sait que Level-5 a prévu de sortir ce mode online en… DLC (sigh…). Espérons que ce mode online sera intégré d’office dans la cartouche si jamais le jeu venait à débarquer en occident.

fantasy life cage

On regrettera aussi le côté un peu fastidieux de certaines quêtes secondaires qui obligent le joueur – après avoir vaincu un monstre recherché par la Guilde du jeu – à se trimbaler la cage dans laquelle est enfermé le monstre jusqu’à la guilde le plus proche. Certes, le monde de Fantasy Life n’est pas non plus gigantesque mais un système à la Xenoblade permettant de toucher sa récompense une fois le monstre vaincu n’aurait pas été de trop.

Dernier reproche : le fait que le jeu ne soit pas vraiment conçu pour les sessions de jeu courtes, surtout qu’il n’est pas possible de sauvegarder à tout moment.

Au final, j’ai plutôt apprécié ces quelques heures de jeu passées sur Fantasy Life et force est de reconnaître que le mélange RPG traditionnel + simulateur de vie passe plutôt bien, même si le jeu ne penche pas trop d’un côté ou de l’autre de la balance. On aurait aimé  que  le mode online soit inclus d’office et peut-être plus de possibilité de personnalisation comme dans un Animal Crossing : New Leaf (les fringues, putain, les fringues !) mais ça sera peut-être dans la suite. Et vu que le jeu a finalement trouvé son public au Japon, ça sera peut-être dans la suite.

Fantasy Life Artwork

7 Réponses

  1. Traumatisé par les papillons des jeux de Level 5 ? :p

    Il faudrait que je retente le jeu avec une autre spécialisation… Je l’avais fait uniquement avec ma couturière du début jusqu’à la fin mais je ne l’ai pas regretté vu que je pouvais fabriquer des vêtements offrant une défense de malade, bien plus que n’importe quelle armure vendue dans les boutiques. xD

    Et j’avais trouvé ça sympa comme clin d’œil le fait que la petite fée chauve sur la couverture de l’album 10 Short Stories soit même présente dans le jeu et qu’en plus elle vende des items rares wwwww

    Vivement le mode online, mais le vendre en tant que DLC c’est effectivement abusé.

    (…tu ne veux pas écrire une critique de Ni no Kuni PS3 non plus ? ww)

    19/02/2013 à 10:09

    • Exelen > Ni no Kuni PS3 ? Jamais entendu parler ! ww Mais j’ai vraiment l’impression que la presse dans son ensemble a plutôt apprécié le jeu donc /o\

      20/02/2013 à 8:56

  2. D’un autre côté, les quelque malheureux qui l’ont un peu descendu dans leur review se sont presque fait insulter par les joueurs, donc bon www
    Y a quasiment que sur NeoGaf et Gamefaqs que j’ai vu des avis partagés.

    21/02/2013 à 5:52

    • Exelen > Ouais, c’est vrai… Même sur Gamekult, il y a des avis partagés. Même la traduction française n’est pas aussi bonne qu’on le dit (je ne me ferai jamais à ce « Monsieur Lumi ww)

      Du coup, j’ai bien envie de revendre (super cher) la WE www

      22/02/2013 à 9:51

  3. J’ai quand même bien aimé la version française et ses nombreuses références, comme l’ennemi qui s’appelle « Mon Voisin Tomtoro » wwwww J’ai eu plus de mal avec les nombreux changements de nom (Alicia > Roxane, ou encore Marc > Philippe : WTF ?)

    Sinon je suis tentée aussi de revendre la WE sachant que je retoucherai pas au jeu xD

    23/02/2013 à 1:47

    • Exelen > Moi non plus, je ne comprends pas pourquoi les noms de certains personnages ont été modifiés, surtout que ça ne gênait pas du tout la compréhension de la chose o_O

      Mais au fait, pourquoi on parle de Ni no Kuni PS3 ? ww

      23/02/2013 à 8:40

  4. « Mais au fait, pourquoi on parle de Ni no Kuni PS3 ? ww »

    Heu… bonne question xD

    25/02/2013 à 2:07

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