You'll never see the tears of time…

[Critique] Time Travelers (Ps Vita)

Sorti depuis le 12 juillet dernier au Japon, Time Travelers est le dernier titre en date des studios Level 5, studio que l’on connait principalement chez nous pour la série des Professeur Layton et Inazuma Eleven sur DS. Time Travelers a aussi la particularité d’être le 1er jeu multi-plateforme de Level 5, le jeu étant à la fois disponible sur PSP, 3DS et même PS Vita et marque le retour de Jiro Ishii, l’homme qui se cache derrière le fameux 428, Fūsa Sareta Shibuya de, sound novel qui avait récolté un 40/40 sur Famitsu. Les premiers trailers du jeu laissaient présager « un jeu à QTE » mais qu’en est-il réellement ?

The girl who leapt through time…

L’histoire de Time Travelers se déroule à Tokyo dans un futur proche, plus précisément le 28 avril 2031. Un peu comme aujourd’hui, le Tokyo de 2031 est dépeint comme une comme une ville à la pointe de la technologie : omniprésence des technologies holographiques dans les rues mais surtout la présence d’un ascenseur spatial en plein cœur de la ville. Cet ascenseur spatial joue un rôle important dans la mesure où il alimente la ville en énergie mais l’origine de cette énergie reste inconnue. Tokyo a la particularité d’avoir été marqué par l’incident du Lost Hole en 2013, incident qui vit l’apparition d’un trou noir d’origine inconnue dans le ciel de Tokyo. Le joueur va suivre le suivre le parcours de plusieurs personnages aux motivations assez différentes :

Hina Fushimi, la journaliste en quête permanente d’un scoop.

Soma Kamiya, le flic dont la famille a été prise en otage par des terroristes. Ce dernier va être confronté à un dilemme : Sauver sa famille ou partir à la rescousse de toute une population d’une attaque terroriste

Yuri, lycéen et meilleur élève de son bahut. Ce dernier est lié à l’incident du Lost Hole de 2013.

Kyugo Shindo, un scientifique au caractère constamment relax et qui ferait presque penser à un mix entre Rintarō Okabe de Steins Gate et Doc de Back to the Future). Au moment où débute le jeu, Shindo est un peu dans le pétrin car il est poursuivi par Enjiro, le président d’Enjiro Emotion Entertainement. Shindo a emprunté 30 millions de yens à ce dernier pour financer ses recherches. Kyugo a jusqu’à 17H pour trouver 30 millions de yens, Mikoto se trouvant entre les mains des sbires d’Enjiro.

Enfin, c’est mon préféré : Ressentiment, héros autoproclamé la nuit et hikkikomori de son état. Celui-ci passera le plus clair de son temps à mordre la poussière face aux voyous.

A chacun de ces 5 personnages correspondra un scénario spécifique et il sera souvent nécessaire de switcher entre ces 5 personnages pour faire progresser l’intrigue principale. Autour de ces 5 personnages gravite Mikoto (doublée par une Miyuki Sawashiro de l’amour !), jeune lycéenne qui apparaitra à chaque fois de façon différente dans les 5 routes proposées dans le jeu. Un peu à la manière de Lucas dans Mother 3, Mikoto est le véritable personnage central du jeu, celle-ci un rôle très important dans le dernier acte du jeu.

Ces personnages vont être amenés par la force des choses à coopérer alors qu’un mystérieux groupe terroriste,  les Dokuro – nommés ainsi car la plupart des membres de ce groupe porte un masque en forme de crâne – menacent de détruire Tokyo. Rien que ça.

Time Travelers : un jeu inclassable ?

Lorsque Time Travelers a été présenté pour la première fois en 2010, les gens de Level 5 nous décrivaient ce jeu comme étant  un jeu « inclassable ». Les premiers trailers de Time Travelers donnaient l’impression que l’on aurait affaire à une sorte de visual novel, matinée de QTE. Dans les faits, je le décrirai plus comme une sorte de film interactif à l’ancienne, matinée de QTE. A l’inverse d’un Heavy Rain, ces QTE ne forment qu’un élément finalement assez mineur du « gameplay » du jeu dans la mesure où les quelques QTE du jeu sont vraiment courts et très faciles à exécuter. Mais vraiment.

Rewind & la deuxième chance

Dans Time Travelers, on suivra le parcours des cinq personnages jouables. A chaque personnage correspondra une route et les évènements de chaque route se déroulent en simultané avec les autres. De plus, les choix que l’on effectue sur une plotline ont des répercussions sur les évènements concernant les autres personnages. La liberté de choix reste néanmoins assez relative dans la mesure où plus l’on progressera dans l’histoire, plus l’on sera obligé de faire les bons choix pour progresser dans le jeu. Pas question de singer Heavy Rain donc. Amusant aussi de constater que le jeu a été divisé en plusieurs chapitres à la manière d’un Alan Wake, chaque chapitre correspondant à 1H dans le scénario du jeu.

Comme l’indique le nom du jeu, le gameplay de Time Travelers est centré sur le voyage dans le temps. Mais il ne s’agira pas exactement de voyager entre différentes époques comme on pouvait le faire dans Chrono Trigger. Dans le cas de Time Travelers, c’est plutôt le système Time Stop qui prévaudra : il s’agira plutôt d’arrêter le cours du temps pour permettre au joueur de revenir quelques minutes en arrière pour pouvoir soit recommencer le chapitre afin de faire le bon choix pour faire progresser l’histoire, soit pour prendre les commandes d’un autre personnage – donc changer de plotline – afin de faire progresser le scénario. Par exemple, dans le chapitre concernant Soma Kamiya (le flic), ce dernier sera renversé par un véhicule au début du jeu. Dans ce même véhicule se trouve Hina Fushimi (la journaliste). Un Time Stop se déclenche et il suffira de passer sur la route concernant Hina pour lui permettre de prendre les commandes du véhicule pour éviter de renverser Soma. Dans le fond, le Time Stop – et le rewind qui s’ensuit n’est pas sans rappeler les retours en arrières possibles dans des jeux comme Blinx The Time Sweepers ou même Prince of Persia : Sands of Time sauf qu’ici on l’applique à un film interactif. Dans l’ensemble, cette mécanique de gameplay est plutôt bien fichue, même si on voit très vite les limites de ce système.

Graphiquement, ça reste visuellement très agréable, on est dans le haut du panier des jeux sur PSP, même sion regrettera que la version Ps Vita n’ait pas été optimisée pour la dernière console portable de Sony. Niveau ambiance, je me demandais parfois si je ne jouais pas à… Kingdom Hearts 2 tellement le Tokyo de Time Travelers rappelle l’ambiance du Twilight Town de KH2. Idem pour le character design signé Nao Ikeda qui rappelle beaucoup le style de Tetsuya Nomura, le côté emo et les fermetures éclairs en moins (et tout de suite, ça passe un peu mieux).

On signalera aussi l’absence de temps de chargements sur la version PS Vita et surtout le fait que le jeu sauvegarde automatiquement la progression du joueur. Bref, on a un confort de jeu assez appréciable \o/ On constatera aussi que 80% du jeu a été doublé ce qui est toujours agréable pour les oreilles. Par contre, on signalera aussi la présence de scènes cinématiques à base d’images fixes arborant un style visuel proche d’une bande dessinée. Celles-ci interviennent lors des flash-backs des personnages et sont vraiment réussies.

On n’oubliera pas la musique signée Hideki Sakamoto (Echochrome): celle-ci participe vraiment à créer une ambiance très légère, pour ne pas dire mélancolique. Les pistes qu’il a composées pour les moments plus dramatiques sont aussi très efficaces. On regrettera juste la présence par moment de chansons J-Pop un peu énervantes, surtout lorsqu’on joue la route consacrée à Hina. Dans l’ensemble, la musique du jeu reste très agréable à l’oreille sans être non plus mémorable. Je retiendrai surtout la musique de transition entre chaque chapitre, vraiment bien fichue. On notera aussi le retour de Sarah Alainn pour l’ending, elle que l’on n’avait plus entendue depuis l’ending de Xenoblade. Sympa de la revoir. D’ailleurs, si ça intéresse des gens, l’OST débarque le 8 août prochain.

Un peu à la manière de 20th Century Boys, l’intrigue de Time Travelers multiplie les allers-retours entre 2013 et 2031 pour planter le décor même les évènements de 2013 ne seront relatés que sous forme de flashbacks. J’ai trouvé le scénario assez intéressant à suivre à partir du moment où l’on passé la première du jeu : un scénario que l’on sera presque tenté de classer dans la catégorie des techno-thrillers, qui reste facile à suivre car ce dernier n’est pas tant centré que cela sur les paradoxes et autres voyages spatio-temporels mais plus sur les relations entre les personnages. On regrettera tout de même une atmosphère par moment un peu trop légère. En effet, alors que l’on est censé être plongé dans une ville menacée par une bande de terroristes, il ne sera pas rare d’entendre les personnages avoir des conversations un peu hors de propos avec le contexte. Bref, une sorte de décalage assez déstabilisant déjà vécu dans le premier Senjô no Valkyria. Cela dit, on constatera que le jeu est truffé de clin d’œil à toutes les œuvres qui ont abordé de près ou de loin le thème du voyage dans le temps : on citera par exemple un certain film réalisé par Robert Zemeckis. Sans compter quelques références assez surprenante à…  Armored Trooper Votoms :p

Bref, un jeu assez intéressant dans son ensemble. Time Travelers montre surtout que Level 5 peut faire des jeux plutôt intéressants sans être obligé de s’adresser à un jeune public (et pour être honnête, c’est même le tout premier jeu Level 5 qui me plait vraiment). Comptez environ une quinzaine d’heure pour en venir à bout, sans compter les différentes fins et le phone mode déblocable après avoir fini le jeu une première fois, mode permettant de « communiquer » avec Mikoto à la fin du jeu.

4 Réponses

  1. Merci pour la review ! :D Finalement ça a l’air très sympa, j’étais au départ un peu dubitative face au système de « time stop » dans la démo jouable, mais finalement ça a l’air bien implanté dans le jeu.
    Contente aussi de voir que ça fait plus film interactif à l’ancienne que visual novel~ (film interactif… façon Dragon’s Lair ? ww). Et du coup, il est possible de faire Game Over ou pas dans ce jeu ?

    31/07/2012 à 2:53

    • Exelen > oui, ça ressemble un peu à Dragon’s Lair, voire même à des jeux comme D ou au jeu basé sur X-Files sorti sur PSone avec un côté QTE beaucoup moins prononcé. En fait, j’ai eu du mal à choisir entre l’appellation film interactif ou VN, vu que le côté interactif reste assez limité dans tous les cas.

      Sinon, pas de vrai game over vu qu’on nous fait recommencer direct si on s’est planté dans une scénette. Et puis, un échec n’a pas de conséquences comme dans un Heavy Rain.

      PS : à quand une review de Girls RPG Cindelife, que je vois si je balance 50€ dans le jeu ? :p

      31/07/2012 à 4:50

  2. C’est bien ce qui me semblait pour le Game Over vu que dans la démo si on rate la QTE on recommence juste la scène.
    La review de Girls RPG Cinderelife est prévue, mais je sais pas pour quand (août, probablement… après faut voir si j’aurai internet de suite une fois en Allemagne xD).

    31/07/2012 à 6:04

  3. Pingback: L’Antre de la Fangirl » Le Bilan 2012 des Jeux Vidéo

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