You'll never see the tears of time…

[Critique] Mother 3 (GBA)

2 ans. C’est le temps qu’il m’a fallu pour que je me décide à relancer une partie de Mother 3 entamé peu de temps après la sortie d’un patch traduisant les textes du jeu en anglais et lâchement abandonnée après 3-4 heures de jeu pour des raisons plus ou moins obscures. Et après avoir enfin bouclé ma première partie de ce RPG, une seule constatation s’impose : Mother 3 s’impose à mes yeux comme l’un des meilleurs J-RPG de cette décennie, et pour aller plus loin, comme l’un des trois meilleurs jeux sortis par Nintendo ces dernières années aux côtés de Super Mario Galaxy et Daigassô Band Brothers DX ! Rien que ça…

Comme d’habitude, parlons un peu du scénario du jeu. Mother 3 se déroule autour du village de Tazmily, un endroit calme en plein cœur des Nowhere Islands et où tout le monde se connaît et s’entend bien, jusqu’au moment où débarque une mystérieuse armée aux intentions suspectes : l’armée du Pig Mask. Celle-ci se livre à d’étranges expérimentations sur la faune et la flore et  en profite au passage pour introduire des technologies plus modernes sur son passage, pour contrôler les esprits des gens : l’harmonie qui règnaient jusqu’alors dans le village de  Tazmily va ainsi se désagréger lentement au fil de l’aventure, et voir ses habitants découvrir les concepts d’argent ou de télévision et petit à petit se replier sur eux-mêmes, voire pire…

Autant aller droit au but : Mother 3 n’a absolument rien pour lui, en tout cas au niveau technique. Pour de la GBA, Mother 3 est plutôt dépassé visuellement parlant, surtout lorsqu’on sait que des titres comme Golden Sun 1 et 2 sont disponibles sur la même machine.  Pourtant, celui-ci n’en demeure pas moins agréable à l’œil, vu que le jeu utilise une palette de couleur très vive à l’écran, ce qui fait que finalement on fait rapidement à ces graphismes désuets mais pas désagréables pour autant. Et de toutes façons, ce parti-pris graphique me parait finalement assez judicieux, dans la mesure où voir ces personnages et l’armée du Pigmask passe bien mieux. Avec un niveau graphique digne de Golden Sun, pas sûr que ça ait le même effet.

Mother 3 se veut aussi très classique en terme de gameplay vu qu’il est très proche d’un Dragon Quest à ce niveau-là : combat au tour par tour ou seul l’ennemi est visible, actions disponibles très classiques aussi (attaque, PSY, capacité spéciales selon les personnages, items et fuite), ennemis visible sur la map même si les développeurs de HAL Laboratory et Brownie Brown ont eu l’idée d’ajouter un système de combos basé sur le rythme des musiques que l’on entend lors des combats. Cette idée est plutôt intéressante sur le papier dans la mesure où si l’on réussit à bien saisir le rythme des musiques de combats – qui sont présentes en nombre assez importantes pour un RPG – on peut réussir des enchainements allant jusqu’à 16 hits combos, facilitant ainsi le déroulement des combats. Le problème, c’est que ces combos musicaux sont assez difficiles à réaliser, surtout sur émulateur  et c’était le truc qui m’avait fait abandonner ma première partie sur Mother 3. D’ailleurs, un système de points d’exclamation à la Vagrant Story aurait pu palier en partie ce problème. Mais heureusement qu’on peut passer outre cette nouveauté de gameplay et en plus, on pourra toujours faire progresser ses personnages de façon bien plus rapide que dans un DQ.  D’ailleurs,  le level-up est plutôt conseillé car même si on maitrise les combos musicaux et que l’on dispose du meilleur équipement possible, les boss  cognent en général plutôt fort.  On pourra aussi citer le fait que les monstres fuient à votre approche lorsque le niveau de vos personnages est trop élevé. Pratique lorsqu’on a envie de revenir dans des endroits déjà visités auparavant. Par contre, je me demande encore pourquoi il faut passer par les grenouilles de sauvegardes pour récupérer l’argent que l’on gagne en butant des monstres.

Bien que se déroulant dans l’univers des Nowheres Islands, le monde de Mother 3 est plutôt vaste,  au moins aussi vaste que celui proposé dans The Legend of Zelda : A Link to the Past et son exploration n’ en est rendu que plus agréable car celui-ci va vraiment évoluer au fur et à mesure que le joueur progresse dans le scénario. Ainsi, le village de Tazmily qui n’est rien de plus qu’un petit village de campagne avec ses cabanes, sa forêt  va peu à peu se transformer en une ville plus moderne, avec ses maisons en pierres, sa gare, ses routes, etc… Les PNJ du village vont aussi « évoluer » peu à peu dans leur mentalité et leur habitudes de vie comme par exemple découvrir le concept de l’argent, un truc totalement absent dans les premières heures de jeux !

Mais la plus grande force de Mother 3 réside dans les émotions intenses qu’il arrive à faire ressentir au joueur. Sans vouloir trop spoiler, le scénario a une certaine dimension dramatique, chose difficile à croire si l’on prend en compte l’aspect désuet, enfantin du jeu et se permet même de faire disparaître des personnages dont on vient à peine de faire connaissance pour en faire réapparaitre certains bien plus tard dans le jeu… et les faire disparaitre aussitôt. Certains n’hésitent d’ailleurs pas à dire que Mother 3 va plus loin qu’un certain Final Fantasy VII niveau drame.  D’ailleurs, on pourra aussi noter que le jeu arrive aussi à surprendre le joueur au niveau du déroulement : cela se voit vraiment lorsqu’on arrive dans la dernière partie du jeu et à ce niveau-là, j’avais l’impression de revenir à l’époque de Metal Gear Solid 2, surtout dans la façon dont le jeu s’adresse au joueur. Mais ça, il faut y jouer pour le croire.

Bref, ceux qui n’ont pas peur de l’aspect visuel volontairement désuet, ceux qui aiment les personnages un peu barrés, ceux qui ne craignent pas les RPG plus textuels dans l’âme, ceux qui veulent des émotions fortes  et allez-y, vous ne le regretterez pas ! Et puis, ce n’est pas tous les jours qu’on a un RPG made in Nintendo de cette qualité.

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